Ce canapé lit à signé mon arrivée dans cet appartement, mon installation dans cette chambre orientée sud. Si l’on pouvait personnifier ce canapé, qui n’a cessé d'être réarranger, il serait le témoins de tous ces moments que l’on passe face à soi-même mais aussi ceux qu’on partage. Ce canapé lit où l’on dort, mange, fume, boit… est aussi celui qui à été un témoins chaotique des anxiétés comme des plénitudes, des rires comme des pleurs.

Est ce se tromper de vouloir parler de soi par le portrait des autres ? Je n’ose pas taper cette question sur quelconque moteur de recherche. Je n’ai pourtant jamais eu peur de me questionner par l'intermédiaire de la photo. Sans faire une énième tirade de mon amour inconditionnel pour l’image, “Canapé lit” répond à cette interrogation comme au bac de philo ; d’abord “oui” puis “non” mais en fait “peut être”…

Pendant presque 1 an, j’ai décidé de réaliser cette série typologique de portrait de toutes les personnes qui s'asseyaient sur mon canapé. Toutes ces personnes sont passées pour un  énième café comme pour se justifier de rester un peu plus longtemps. Tous ces gens qui m’ont confié leurs doutes en détournant le regard du photographe en face d’eux ou ceux qui ont maintenu ce regard pour percevoir que le photographe se cachait que trop bien derrière son appareil. A ceux qui voulait parler, ceux plus silencieux, ceux heureux d’en faire partie comme si l’inclusion de cette série était une preuve officielle. Ceux pour qui c’était une épreuve, ceux pour qui c’était un jeu. Ma mère qui volontairement s’est pliée à l’exercice, mon proprio qui s’amuse de cette chambre qu’il connaît tant. Meilleure amie, ami de longue date, nouvelle rencontre, amour passé, crush, colocataire, confrère, collègue… mais finalement aucun inconnu. 

Je n’ai jamais eu peur de me tromper sur cette série, j’étais seul décisionnaire de l’image retenue. C’est souvent inconsciemment que l’on choisit celle qui est le miroir de nos émotions, celle qui convient à nos projections, celle qu’on évitera de regarder puisque trop douloureuse ou celle que l’on voudra imprimer puisque si honnête. Quatre ou cinq déclenchements, très peu d’attente artistique pour celui qui prend place comme pour le photographe, des paramètres en CTRL C / CTRL V et quelques ajustements. Canapé lit c’est ce que je suis et ce que j’ai été, alors sous une certaine fainéantise, j’aime vous présenter une partie du trombinoscope de ma vie

Canapé lit c’est aussi un moyen de témoigner ma gratitude, alors merci d’en faire partie, merci d’être là.



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